À propos de la st valentin
Un truc comme une sorte d'espèce de retour de flamme

Saison 1 - Episode 9

L'anecdote

Vous l’avez compris, cet épisode est celui de tous les hommages. Hommages à ceux dont l’oeuvre nous a nourris, façonnés, et nous tient encore aujourd’hui réunis autour de la caméra comme dans la vraie vie.

Cupidon : On pourrait dire que c’est à lui avant tout (et dès le titre) qu’est dédié l’épisode. Parce que c’est l’amour qui nous a mis l’un en face de l’autre, Romain et moi. Pas l’amour du cinéma, ni même quelque coup d’une foudre homosexuellisante, je veux parler de l’Amour dont ce Cupidon transperça un jour ma mère, piquant de la même flèche le cul du petit Brugerolle.
C’était un mercredi de 1998. Il était environ 13h et nous sortions de cours. Romain était dans ma classe. Il avait les cheveux longs, il était musclé et j’avais décidé de ne pas l’aimer. Les filles trouvaient qu’il était beau comme un surfeur, moi il me faisait penser à une championne de culturisme. Bref, ce jour là, et comme à son habitude, Romain s’élança en direction de la sortie: “le premié arrivée est le plu fort !” (oui, Romain arrivait à faire des fautes d’orthographe à l’oral). A ce même moment, ma mère sortait de sa Fiat Panda avec ses deux lévriers neurasthéniques pour me venir me cueillir sur le seuil du lycée et me foutre ma petite honte hebdomadaire. Ils foulérent au même instant le pas de la grille ; Cupidon décocha. La flèche siffla dans l’air, et comme un éclair , et sans douleur, vint arrêter le temps ; pour réunir deux êtres que tout pourtant séparait. Leurs quatre yeux se plongèrent les uns dans les autres ; les corps se figèrent ; leurs âmes se fixèrent... Un mois plus tard, Romain Brugerolle était mon beau père. J’avais 15 ans, lui aussi. Nous dûmes faire connaissance et je fus obligé de découvrir que c’était un mec relativement bien. Il kiffait le cinéma, moi aussi. Il avait un grain de beauté sur la couille droite, moi sur la gauche... En même temps qu’un nouveau père, j’avais trouvé un pote. Six mois plus tard, j’avais les cheveux sur les épaules et j’achetai une planche de surf.
Puis je devins à mon tour le beau père de Romain car sa mère m’avait chauffé à une réunion parents-profs.
           Ce fut une grande période, mais l’amour, fragile comme on le sait, ne tint pas la distance. Je veux dire la distance de l’âge. Nous étions jeunes, aussi curieux qu’inexpérimentés, et nous nous fîmes bientôt larguer pour avoir donner aux lévriers de ma mère du café et des extasys avant de les emmener au zoo de La Palmyre pour voir si ils étaient capables de courir plus vite qu’un guépard, car hélas - pour eux comme pour nous - ils n’en furent pas capables.
           Mais si ce triste évènement signa la fin de nos amours, il scellait néanmoins une alliance prometteuse...

Josef Schwarz : C’est cet homme qui a créé le LIDL, qu’Antoine mentionne dans le prologue. L’enseigne, qui trône aujourd'hui sur plus de 1500 magasins, a voyagé jusqu’à Cognac et nous a permis de découvrir, enfants, que le seul truc bouffable que puisse proposer l'Allemagne, c’est du gâteau chinois. Du coup j’ai grandi au gâteau chinois ; parce que ma mère ne faisait ses courses qu’au LIDL (Nous étions très pauvres. Mon père nous frappait tout le temps, pour un oui ou pour un non ; il buvait énormément et claquait nos allocations dans le jeu et les bordels. Mais tout cela ne m’a pas empêché de m’en sortir et de décrocher le RSA à 26 ans.)
C’est aussi au LIDL qu’un jour je me fis pincer entrain d’oublier de passer par la caisse pour donner de l’argent en échange de la canette de panaché que j’avais glissé dans mon pantalon, laquelle décida d’en sortir par le bas sous le nez du vigil.
Je m’étais défendu en hurlant à ce dernier qu’après les millions de vies que nous avaient volées ses nazis de compatriotes pendant la guerre, je trouvais un peu culotté de m’incriminer pour avoir emprunté - certes sans aucune intention de la rapporter - une vulgaire boîte de conserve à 40 centimes. Ce à quoi le vigil me répondit qu’il était Sénégalais. Alors je lui hurlai que ça ne m’étonnait pas et, après l’avoir traité de collabo, je décidai de prendre la fuite. La course poursuite dura sur 10 mètres car le vigil noir courait très vite. J’aurais dû m’en douter. On appela mes parents, et je fus privé de gâteau chinois. Je les traitai de collabos et en pris pour un mois de plus. Depuis ce jour là au LIDL, je ne fus plus jamais tout à fait le même...

Bill Murray : On adore Bill Murray parce que de “Meatballs” à “La vie aquatique”, en passant par “SOS fantômes”, “Un jour sans fin” ou encore “Lost in translation”, il ne nous a jamais déçus. Ni les enfants que nous étions, ni les adultes que nous sommes devenus. C’est donc à lui que va l’hommage suivant, et ce à travers la présence de Benoît Saidlitz. Benoît a eu du mal à admettre sa ressemblance pourtant flagrante avec l’acteur. Mais depuis qu’il a gagné un concours de sosies à “C’est mon choix” auquel on l’avait inscrit sans le prévenir, il n’a de cesse de brandir sa victoire et ne quitte sont T-shirt “Ghosbusters” que pour le laver.

Mais Benoît est comme qui dirait un caméléon, et s’il sait effectivement ressembler à Bill Murray,

il n’a non plus aucun mal à ressembler à Cizia Zyké,

à Laurel et Hardy, et Tolstoï, d’un seul coup...

ou encore... à rien :

Les sumériens : c’est à eux que l’on attribue les premières concoctions il y a 6000 ans de ce qu’on appelle aujourd’hui la bière ; et grâce à qui la planète bleue sera une planète jaune pisse 3 fois plus tôt que prévu. La bière est devenue un personnage important de nos mornes existences et il nous a paru juste d’en célébrer l’avènement. Si on ne nous voit ouvrir que deux bières à l’écran, l’hommage a commencé très tôt, le jour du tournage, et a rapidement tourné à la cuite. Si bien que certains d’entre moi étaient déjà bourré quand, vers 14h, Antoine s’est réveillé et a proposé de nous préparer des Ti-punchs...

Jacques Brel : hommage flagrant à cet homme dont on ne prendra pas la peine de se justifier puisque vous serez d’accord que peu ont parlé ou chanté l’amour en français comme lui a su le faire, et qu’il restera probablement longtemps la plus grande création belge après les frites.

Carlo Pedersoli dit “Bud Spencer” : c’est au travers d’une bonne volée de baffes dans la tronche que l’on en rappelle à l’auguste Italien, acolyte de Terence hill, dont le style et l’efficacité dans ce domaine ont probablement découlé de son expérience dans le water-polo, sport qu’il a pratiqué jusqu’au niveau olympique dans les années 50.

Les visiteurs du grand bleu : nous rendons un grand hommage - dans la voix du Norberti - à ce film qui n’a jamais existé et qu’on trouve que c’est dommage parce qu’on aurait bien aimé voir Jean Reno faire de l’apnée en armure en parlant le vieux François avec l’accent Italien.

Solidarité Urgence : Il s’agit là d’une association charentaise qui vend à des prix dérisoires tout un tas de vieilleries diverses et parfois invraisemblables dont se débarrassent les vieux, les anciens beaufs, ou les nouveaux riches. Si cette aide à été en premier aménagée à l’intention des plus démunis, les ventes sont accessibles à tous, Ce qui nous a permis de mettre la main sur des choses comme les 2 combinaisons qui apparaissent dans cet épisode 9, mais aussi plein d’autres drôleries que vous verrez bientôt et petit à petit.

Un autre hommage est rendu à Alain Prost dont tout le monde ici se fout éperdument ; à Colette dont personne ici n’a jamais lu le moindre mot, et à Marcel Proust, dont pour ma part je n’ai jamais goûté les madeleines. Notre plus grand merci ira donc, ici, à mon ami Julien Préau, à qui le mérite de l’association Marcel/Alain revient entièrement et dont la grand mère ne s’est jamais prénommée Colette.

Un avant dernier hommage est fait aux putes, qui en échange d’un peu de ce que l’humanité a produit de plus laid - l’argent - nous ouvre un accès au seul vrai plaisir de l’existence, le sexe avec une personne.

Enfin, le dernier hommage ira tout droit à Robert Zemeckis et Steven Spielberg dont les “Retours vers le futur” et le plaisir qu’on a encore à les regarder semblent ne pas souffrir le passage du temps.

Voilà, c’est fini. À bientôt sous l’épisode 10, “à propos de ressembler à Chuck Norris”.

Cordialement,

Batman.