Jimmy Conchou

Jimmy Conchou

Fonction: Auteur/Acteur/Réalisateur

CHAPITRE I

           Né en 1752 à Moscou, dans le Loir-et-Cher, Jimmy a aujourd’hui 249 ans. Enfant, ses prédispositions et son goût prématuré pour les études lui vaudront d’entrer très tôt à l’American School of Maternelle de Montcul-sur-la-Commode au Nouveau Mexique.
           À 3 ans, Jimmy obtient son Baccalauréat avec mention, devenant ainsi le plus jeune diplômé de l’histoire. S’ensuivent 5 années sabbatiques durant lesquelles il rédigera ses « Mémoires », dont le succès fulgurant et unanime lui réclamera une suite immédiate. Ne pouvant rédiger les mémoires de son avenir, Jimmy entreprend alors son premier roman « les confessions du silence », tiré d’une histoire imaginaire. Un pavé de 600 pages blanches que le public et la critique, vexés par ce contre-pied, s’empresseront de qualifier de « torche-cul »...
C’est dans le quotidien « L’Aurore » qu’avant de se retirer, le jeune incompris égouttera sèchement et définitivement sa plume, clamant en grosses lettres :


« ON NE FORCE PAS LES GENS À ÉCRIRE! »


           Jimmy, bien vénèr, ira jusqu’à tordre une banane qui traînait sur sa table basse. Cet excès de violence allait, à peine 5 minutes plus tard, lui assurer une revanche car la banane sur laquelle le jeune homme venait de passer sa colère se révéla nettement plus classe après torsion... Sans attendre, Jimmy courut chez Leroy Merlin pour acheter des outils. De retour chez lui, il s’enferma dans la cave, pour en sortir... 1 an et demi plus tard! Avec... la première machine à cambrer les bananes! Nul besoin de s’étendre là-dessus car chacun sait et peut voir aujourd’hui le succès international que connaît “le fruit de cette colère”. Un triomphe qui, sous la plume de Steinbeck, résonna jusque dans les milieux littéraires, grâce à “les bananes de la colère”. Un peu comme une double revanche...
Un an après, Jimmy a 12 ans et demi et du pognon à ne plus savoir qu’en foutre. Il décide alors de faire un saut aux Etats-Unis pour acheter un double-poney aux Indiens des plaines. Il se rend chez les Chiricahuas et y fait la rencontre de Jérôme Ino, un illustre chef Apache. Ce dernier a entendu parler du “cambreur de bananes” et l’invite à venir tirer deux/trois lattes sur le calumet de la paix, dans son Tepee. Puis Jérôme Ino fait venir “naseaux poudrés ”, un petit cheval de guerre cocaïnomane qu’il a dérobé aux Mexicains et qui court plus vite qu’Usain Bolt.
Le canasson plaît à Jimmy qui sort immédiatement une liasse de biftons. Mais le chef Apache ne veut pas de cet argent qui étouffe le coeur, il veut une machine à cambrer les bananes ; et des bananes. Jimmy promet alors à Jérôme de lui faire parvenir un kit en Chronopost dès son retour à Moscou dans le Loir-et-Cher. “Okey dokey!”, lui dit le chef. “Mais si tu ne tiens pas ta parole, je viendrai scalper ta mère, violer ton père à sec, et pisser dans ton lit”. “Okey dokey!” répond Jimmy. Et il se casse - le vent lui soufflant dans le dos les dernières recommandations de l’Indien “-Ne laisse ni la faim, ni le froid, ni la douleur, ni la peur de ces choses, ni la dent aiguë du danger, ni la mâchoire de la mort elle-même t’empêcher de faire une action utile!”.


           Jimmy eût pu ne pas honorer son engagement vis à vis du chef Apache, car sa mère était chauve, son père gay et lui même pissait déjà au lit, mais c’était déjà un garçon d’une grande loyauté. Et comme il savait faire du cheval sans les mains, il décida d’appeler Nestor, son majordome, sur la route pour lui intimer d’expédier illico une machine à cambrer les bananes et des bananes aux Apaches. “Heureusement!”, vous direz-vous bientôt, car “Naseaux poudrés” était si rapide, qu’il vint à courir plus vite que le temps qui passe, si bien que Jimmy se retrouva rapidement à voyager dans le passé. Lui et sa monture allèrent s’essouffler au beau milieu du XIVème siècle ; à l’aube de ce que l’on appellerait plus tard la « guerre de cent ans ».



CHAPITRE II

           On est en 1337. Mais Jimmy croit qu’il est en 1789 et que c’est la révolution française. Il vend son cheval sur e-Bay pour s’acheter un équipement de guerre (bonnet Phrygien, pantalons à rayures blanches et rouges, côte de maille, protèges-tibias, coquille pour les couilles, etc...), lequel lui vaudra d’avoir l’air d’un sacré gland dans les rangs de l'armée capétienne. (N’oublions pas que sa fortune de cambreur n’existe pas encore en ce temps là.). Mais la guerre ne voit pas les vêtements, et nombre de ses camarades peut-être plus à la mode ne purent et ne pourront jamais prétendre au courage dont était culotté Jimmy. En effet, le jeune soldat ploiera bientôt sous le poids des médailles, pin’s et autres décorations, si bien qu’il devra même, pour des raisons de sécurité, faire dupliquer son uniforme devenu trop lourd d’héroïsme et à cause duquel il avait une fois mis 36 minutes à se relever après être tombé par terre en snowboard de guerre.



CHAPITRE III

           Jimmy meurt en 1411 dans un accident d’hélicoptére mais en sort indemne. Il a 86 ans et demi.



CHAPITRE IV

           1453, après 16 ans d’arrêts de jeux, on siffle la fin de la guerre. Jimmy a sauvé la vie de plein de gens dont les familles se cotisent pour lui offrir une Dolorean volante afin qu’il puisse rentrer chez lui au 18ème siècle. Le 11 septembre de la même année, au lendemain d’un pot de départ inracontable, Jimmy prend le volant. Il est encore bourré. C’est quelque part au dessus du 16ème siècle qu’il perd le contrôle de son véhicule et percute le mur du son, à 1200km/h. Il passera 170 ans en fauteuil roulant. En 1858, Nestor, le majordome, pousse son maître jusqu’à Lourdes et lui trempe le cul dans l’eau. Miracle, Jimmy se lève et marche! Lui et Nestor se font une petite bataille d’eau pour fêter ça, puis Jimmy achète une Subaru sur laquelle il fait inscrire le prénom de Bernadette, juste au dessus de Subaru, derrière ; ça le fait bien marrer parce que ça fait Bernadette Subaru. (n’oublions pas que Jimmy est à nouveau riche du pognon de son invention pour cambrer les bananes.) Avant de partir, Jimmy passe chez “Feu vert” et fait installer un kit pollini, une boîte à clapets et un carbu de 19 sur sa caisse. Puis Nestor et lui prennent la route. Jimmy conduit. Un peu trop vite. Ils se font flasher à 510 km/h sur une petite route de campagne. Jimmy prend 100 ans de prison. Durant cette période, il décide de sous-louer son château de Cheverny au capitaine Haddock, pour pas que Nestor s’ennuie. Jimmy est incarcéré dans les Plombs, à Venise. Mais le jeune criminel trouve qu’il fait trop chaud et demande à être muté. "Non.", lui répond-on.
           Mais Jimmy est malin. Il décide d’arrêter de se brosser les dents. Et au bout d’un moment, il pue tellement de la gueule qu’il devient trop dangereux de le garder ; la chaleur générée par la toiture de plomb exacerbant la puanteur. Il est donc transféré dans le quartier H de Saintes ou sa réputation le précède et lui vaudra le juste surnom d’”Haleine de Fougerolle”. Le jeune criminel réclame le statut de détenu politique et chie sur les murs lorsqu’on le lui refuse. Puis il apprend que Johnny Cash donne un concert à Folsom Prison et demande à y être muté. Margareth Thatcher refuse. Jimmy engage une grève de la respiration. Il tient six ans puis est transféré sur l’île du diable, parce qu’on commence à en avoir ras la ficelle de ses conneries. C’est là, sous le soleil de Guyanne, que Jimmy fait la rencontre de Romain Brugerolle, lequel est entrain de purger 84 ans de travaux forcés pour avoir voté Coluche aux présidentielles. Très vite, ces deux là vont se lier d’amitié et se tripoter un peu le cul dans les douches.



CHAPITRE V

           Le 28 décembre 1895, les frangins Lumière organisent la première séance de cinéma publique.
           Le 16 mai 1910, première projection sur l’île du diable. Il s’agit du film “l’assassinat du Duc de Guise”. Romain et Jimmy sont fascinés. Et comme tous les ans, à la Noël, le gouvernement offre une petit cadeau à chacun des détenus, Romain et Jimmy demandent un cadeau commun: une caméra. Ils l’auront...
           Début 1911, pendant les vacances de février, nos deux héros tournent leur premier court métrage ; Jimmy devant et Romain derrière (la caméra). Nombre de leurs compagnons de TIG figureront au générique. Tout se déroule relativement bien jusqu’aux abords d’une scène de douche ou le projet dérape et vire au film de boules. Mais ça n’est pas grave, parce que “la seule véritable erreur est celle dont on ne tire aucun enseignement”. Puis le film connut malgré tout son petit succès et l’on en trouve même quelques copies DVD dans certaines boutiques du Marais parisien.
Le 25 septembre 1914, Romain est libéré. Mais on l’envoie aussi sec à la guerre mondiale. Quant à Jimmy, il lui reste 4 ans à tirer. Il sort le 19 janvier 1918, Romain Brugerolle l’attend devant la grille (il avait demandé à partir de la guerre mondiale un peu plus tôt.). Mais Jimmy ne reconnaît pas tout de suite son ami, qui a changé de coupe de cheveux. Romain lui dit: “c’est moi, Romain.”... Jimmy le reconnaît enfin. Alors ils s’envoyèrent un p’tit shot de pisang au “café du fion” et prirent le large, à bord du radeau de la Méduse (Romain avait organisé un raid pour aller le chourav au Louvre, pensant qu’il s’agissait d’un vrai radeau. Une fois à l’intérieur - et comme il avait déjà l’air d’un gros gland dans son collant noir ajusté comme une peau de saucisson - il ne put admettre sa méprise et affirma qu’il savait très bien que Le Radeau de la Méduse était un tableau mais qu’il comptait y fixer des jerricans et des chambres à air de tracteur pour qu’il flotte... )



(à suivre...)